Salut les gamers!

La mort du roi a été annoncée et cela crée une opportunité pour quelqu’un de prendre le contrôle du royaume. Chaque dirigeant des grandes familles convoitent cette position et vous devrez y aller parfois de finesse et parfois de force brute afin d’étendre votre influence et faire valoir votre place. La patience est une vertue, mais il ne faut pas non plus laisser passer sa chance lorsqu’elle se présente. Saurez-vous prendre les bonnes décisions aux bons moments? Est-ce que vous pourrez défaire les plans de vos adversaires et assurer votre place sur le trône? C’est ce que vous tenterez de faire dans Oriflamme.

Nombre de joueurs: 3 à 5 joueurs

Durée d’une partie: 20 minutes

Public: 10 ans et plus

Créateurs: Adrien et Axel Hesling

Éditeurs: Studio H

Sortie: 2019

Oriflamme est un jeu de gestion de cartes, de stratégie et de séquence d’actions. Chaque joueur obtient en début de partie une famille complète composée de dix cartes de la même couleur et un point d’influence. Les cartes sont identiques d’une famille à l’autre. De ces dix cartes, trois seront retirées de la partie au hasard, chaque joueur se retrouvant donc avec sept cartes prises au hasard. Le jeu se joue en 6 tours et chaque tour est composé d’une phase de placement et d’une phase de résolution. Pendant le placement, le premier joueur choisit une première carte qu’il place face cachée au centre de la table (lors du premier tour), les joueurs suivants ajoutent ensuite une carte face cachée soit au début ou à la fin de la file, jamais entre deux cartes déjà présentes. Lorsque tous les joueurs ont ajoutés une carte, ils passent à la résolution. La résolution se passe dans l’ordre des cartes présentes sur la file. À chaque carte, le joueur à qui elle appartient décide s’il la révèle ou non. Si il ne la révèle pas, il ajoute un pion d’influence dessus depuis la réserve. S’il la révèle, il gagne les pions d’influence qui se trouvaient dessus et active la capacité de la carte. Certaines cartes restent en place, certaines doivent être défaussées après usage et d’autres éliminent d’autres cartes. Lorsque la file est résolue en entier, le jeton de premier joueur est passé au suivant et un nouveau tour commence, avec encore en place les cartes de la file qui sont restées. Lors des prochaines phases de placement, les joueurs peuvent maintenant choisir d’ajouter une carte au début ou à la fin de la file ou par-dessus une carte de leur famille déjà présente (annulant momentanément la carte recouverte tant que celle ajoutée dessus est présente). Lors des prochaines phases de résolution, les joueurs continuent de choisir ce qu’ils font pour leurs cartes non révélées mais doivent absolument activer la capacité des cartes déjà révélées. Les cartes recouvertes sont considérées comme n’étant plus présentes dans le jeu. Au bout de six tours, le joueur avec le plus de pions d’influence gagne la partie.

Oriflamme a gagné récemment le prix de l’As d’Or 2020 à Cannes et pourtant il semble avoir passé un peu sous le radar ici et il est donc important d’en parler. C’est un jeu qui ne nécessite pas beaucoup de matériel. Il y a cinq paquets de cartes représentant les cinq familles. J’ai vraiment beaucoup aimé les emblèmes des familles au dos des cartes et sur les bannières dans lesquelles on retrouve le texte des cartes. Les illustrations sont des cartes sont dans un style que j’ai trouvé tout à fait approprié, qui donne un air sérieux. En plus des pions d’influence lorsqu’on déballe le jeu, on retrouve aussi un pion de “premier joueur” mais aussi une lance pour bien démontrer le sens dans lequel la file d’exécution des cartes sera jouée pour que les joueurs ne se trompent pas, peu importe leur position autour de la table.

Le jeu peut faire penser un peu à Citadelles de par son thème un peu médiéval et pour le principe qu’il s’agit d’actions effectuées par des cartes. Cependant, alors que dans Citadelles chaque tour de jeu est “remis à zéro” au niveau des cartes utilisées et que les joueurs procèdent à un draft pour choisir leur rôle, dans Oriflamme chaque joueur dispose de son propre paquet de cartes et il décide quand il pose chacune de ses cartes. La différence la plus flagrante et la plus intéressante est en fait que les cartes sont placées sur une file d’exécution qui demeure en place tour après tour et qui évolue au cour de la partie. Il y a donc une stratégie à observer à son tour en fonction des cartes déjà posées, des cartes disponibles pour le joueur et aussi d’après ce que le joueur estime que ses adversaires voudront jouer. Puisque chacun retire trois cartes, au hasard, de son paquet au début du jeu, il y a donc certaines cartes qui ne sont pas disponibles pour certains joueurs, mais personne ne sait de quelles cartes il s’agit.

Le jeu est assez facile à comprendre, rapide à mettre en place et une partie dure vraiment pas plus de 20 minutes. C’est exactement le genre de jeu qui est facile à jouer, mais peut être un peu plus complexe à maîtriser. C’est possible que le joueur, surtout lors de sa première partie, se demande vraiment où commencer et qu’est-ce qui représente un bon choix ou non. C’est normal. Déjà après les 2 premiers tours, il va y avoir quelques cartes sur la table, il est possible que certains capacités soient déclenchées et tout le monde aura alors une meilleure vue d’ensemble de la direction que prend le jeu. Ensuite, c’est un peu une question de stratégie et de choix personnel. Est-ce que le joueur décide de jouer en calculant les chances que tel ou tel personnage soit joué pendant le tour? Ou est-ce qu’il décide juste de semer un peu le chaos en faisant des choix auxquels ses adversaires ne s’attendent probablement pas? Le fonctionnement, de façon générale, se passe très bien et le texte sur les cartes explique très clairement chacune des capacités. Il y a aussi des cartes d’aide sur lesquelles on retrouve le texte de chacune des 10 cartes, si jamais un joueur veut vérifier le texte d’une carte qui n’est pas dans sa main ou visible sur la table. 

Cependant, ces textes clairs et précis et le fonctionnement standard et bien pensé est une grande force, mais cache aussi malheureusement une petite faiblesse. Deux cartes vont à l’encontre des règles de base et ce n’est pas inscrit dans leur texte et je trouve ça très dommage. D’autant plus que, à mon avis, on pourrait très bien s’en tenir au texte de ces cartes et laisser tomber leur fonctionnement réel, que l’on retrouve dans des petits textes dans le livre de règles, et le jeu fonctionnerait très bien. Je parle des cartes « Embuscade » et « Seigneur ». Si on se fie seulement à ce qui est inscrit sur les cartes, et c’est tout à fait normal de le faire puisque l’explication est très claire, on se retrouve à ne pas les jouer correctement d’après des petits textes supplémentaires qui se trouvent dans le livre de règlements dans la section qui parle des 10 différentes cartes. Tous les autres textes sont toujours très clairs et il est inutile d’aller vérifier quoi que ce soit dans le livret. Comme par exemple, les cartes qui éliminent d’autres cartes (Archer, Assassin, Soldat) font gagner 1 pion d’influence à chaque fois qu’ils éliminent une carte et ce pion est inscrit sur la carte, on le voit donc très bien. Je trouve dommage que pour un jeu qui a une mécanique qui a pu être standardisée et qui fonctionne sur une base solide on retrouve des cartes qui font abstraction de certains règlements mais qu’on ne trouve pas cette information sur les cartes directement ou sur la carte d’aide. Personnellement, je pense que ces “règles additionnelles” peuvent même être ignorées et le jeu fonctionne quand même très bien.

Les cotes de Mike: ( sur 10)

Qualité graphique:  7

Qualité des composants:  6 

Facilité d’apprentissage:  7.5 

Bon fonctionnement des mécaniques:  7.5

Appréciation générale:  8 

Oriflamme peut aussi être considéré comme un jeu de bluff, mais je trouve qu’il s’agit principalement de stratégie (voir Mascarade pour un vrai jeu de bluff). Dans les jeux de ce style qui utilisent des rôles de personnages pour activer des capacités, je trouve que Oriflamme se démarque et j’ai vraiment beaucoup aimé la file d’exécution qui évolue à travers la partie. Je pense que c’est le jeu que j’ai le plus apprécié avec ce type de mécanique. C’est dommage que le jeu ne fonctionne pas (ou en tout cas n’est pas très intéressant) pour 2 joueurs, il faut un minimum de 3. C’est aussi le type de jeu dans lequel il est certainement plus intéressant d’être le plus nombreux possibles puisqu’il y a encore plus d’interactions sur la file d’exécution. Définitivement un bon jeu à découvrir, facile à transporter et à sortir en tout temps.

Comme toujours, n’hésitez pas à laisser commentaires, questions et suggestions sur l’article.

Soyez bon joueur!

Compte instagram: rmike81


Michel Rondeau

Grand fan de jeux de toutes sortes. On me dit bon vulgarisateur pour présenter des jeux et accompagner les nouveaux joueurs.

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